Esma Ben Said
24 Mars 2018•Mise à jour: 24 Mars 2018
AA/Pascal Mulegwa
Une centaine d’instructeurs russes qui sont arrivés depuis janvier à Bangui, la capitale centrafricaine, forment depuis quelques jours un millier de soldats des forces armées centrafricaines (FACA) au maniement d’armes dernièrement livrées par Moscou, ont relayé samedi des médias locaux.
Plus de 1.300 hommes ont ainsi été choisis pour poursuivre cette formation axée sur le maniement de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de fusils lance-roquettes livrés par la Russie entre fin décembre et début janvier.
Pour cette formation, c’est un ancien palais impérial de Jean-Bedel Bokassa situé à Berengo, à 60 km à l'ouest de la capitale qui abrite le camp d'entrainement militaire.
Mi-décembre, Moscou avait adressé une requête au conseil de sécurité de l’ONU , où elle demandait une exemption à l’embargo imposé à la Centrafrique depuis 2013, afin de pouvoir équiper les soldats centrafricains, en réponse à une demande formulée par les dirigeants centrafricains de lui fournir des armes pour deux unités en cours de formation par l'Union européenne.
L’autorisation de formation et la livraison du stock militaire russe à la Centrafrique, n’avait été rendue possible qu’après de laborieuses négociations à l'ONU.
L’appui à l’armée centrafricaine est une demande insistante de plusieurs chefs d’Etat Africains.
Lors du septième sommet de la conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) mi-octobre dernier à Brazzaville (Congo), une dizaine de chefs d’Etat africains avaient pressé la communauté internationale d’appuyer le processus de la "montée en puissance" des forces armées centrafricaines par la fourniture d’équipements et de formations.
En Centrafrique, pays plongé dans un conflit meurtrier depuis 2013, l’Etat n'a de contrôle que sur une petite partie du territoire national, alors que les groupes armés s'affrontent sur des vastes territoires pour le contrôle des richesses dont le diamant, l’or et l’uranium.
Malgré la poursuite des violences, l’ONU a renouvelé d’un an le régime de sanctions contre la Centrafrique en janvier.
Devant le conseil de sécurité de l’ONU en février dernier, l’envoyé spécial de l’ONU dans ce pays Parfait Onanga-Anyanga avait déclaré que la voie de la paix, la stabilité et la réconciliation en Centrafrique reste "longue et ardue" malgré les efforts de la communauté internationale.