Lassaad Ben Ahmed
17 Janvier 2020•Mise à jour: 17 Janvier 2020
AA / Niamey / Illa Kané
La police nigérienne a dispersé par la force, vendredi, une manifestation initiée par des organisations de la société civile à Niamey, en vue de «soutenir l’armée» et exiger le départ des forces étrangères, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Malgré l’interdiction de la manifestation par la mairie de Niamey, à travers un arrêté publié jeudi, plusieurs manifestants ont tenté de se rendre à la «Place de la concertation», située devant l’Assemblée nationale, pourtant quadrillée par un imposant dispositif de sécurité.
Des heurts ont éclaté et la police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour repousser les manifestants.
Dans leur repli, ces derniers ont érigé des barricades et brûlé des pneus à plusieurs endroits de Niamey, perturbant la circulation pendant plusieurs heures.
«En déployant massivement les forces de police, le gouvernement a montré au monde que la crise sécuritaire en cours est pour lui une opportunité de restreindre les espaces civiques et de remettre en cause les acquis démocratiques », a réagi sur sa page Facebook Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association «Alternative Espaces Citoyens (AEC)», une des organisations ayant appelé à la manifestation.
«Le gouvernement est tellement allergique à toute initiative citoyenne de soutien aux forces armées et de dénonciation de la présence des forces extérieures, notamment Barkhane», a-t-il ajouté.
Aucun bilan n’a été dressé par la police et les organisateurs de la manifestation, jusqu’à 16h GMT, vendredi.
L’interdiction de la manifestation de la société civile intervient dans un contexte sécuritaire très tendu au Niger.
Entre le 10 décembre dernier et le 9 janvier courant, le pays a connu trois attaques meurtrières près de la frontière avec le Mali.
Le 10 décembre, le camp de l’armée nigérienne d’Inatès a été attaqué par des hommes armés. Au moins 71 militaires nigériens ont été tués dans cette attaque.
Le 25 du même mois, c’est une escorte de gendarmes et de gardes nationaux du Niger qui est tombée dans une embuscade près de la localité de Sanam, alors qu’elle accompagnait une équipe de recensement électoral. Sept gendarmes et sept gardes ont été tués.
Le 9 janvier, c’est le camp militaire de Chinagodar qui a été la cible d’une autre attaque. Au moins 89 soldats nigériens ont été tués.
Cette attaque a provoqué un changement au niveau du commandement de l’armée nigérien. Le chef d’état-major des forces armées, celui de l’armée de terre et le secrétaire général du ministère de la Défense nationale ont tous été limogés.