Nadia Chahed
02 Mars 2018•Mise à jour: 02 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Au moins Trente-trois personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements interethniques enregistrés dans le Nord-est de la République démocratique du Congo ( RDC), a appris Anadolu, vendredi, d'une source officielle locale.
Joint au téléphone par Anadolu, Pacifique Keta, vice-gouverneur de l’Ituri a indiqué que des affrontements entre les communautés Hema (éleveurs) et Lendu (Agriculteurs), ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi à Djugu dans le territoire de l'Ituri(Est).
Au moins 33 personnes des deux communautés ont trouvé la mort dans ces affrontements, a indiqué la même source.
Jean-Bosco Lalo, président de la société civile de l’Ituri évoque, pour sa part un bilan d'une quarantaine de morts.
Les autorités provinciales ont convoqué une réunion de crise vendredi matin à Bunia, chef-lieu de l'Ituri, pour "identifier des solutions à cette crise sécuritaire, a ajouté Pacifique Keta.
Dans le territoire de l'Ituri, les violences interethniques ont provoqué, le déplacement d'environ 200.000 personnes depuis la mi-décembre, selon l’ONU. La plupart d’entre eux se sont réfugiés en Ouganda en traversant le lac Albert à bord de bateaux de fortune.
Les affrontements entre les communautés Lendu et Hema pour le contrôle de la région, avaient fait 60.000 morts entre entre 2002 et 2003 , selon les ONG.
L’opération militaire Artémis lancée par l’Union européenne (UE) avait mis fin à ce conflit sanglant en 2003, marquant ainsi la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).
Certains chefs de guerre impliqués dans ces conflits ont alors été jugés et condamnés par la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye.
La semaine dernière, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés ( HCR) s'est dit vivement préoccupé par l'escalade de la violence dans l'Ituri, redoutant que les combats ne se propagent dans les zones voisines, notamment en raison de la circulation des armes légères dans la région.
« Les assaillants ont contourné le dispositif sécuritaire implanté », a déclaré à Anadolu le vice-gouverneur de l’ituri Pacifique Keta, établissant un bilan « provisoire d’une trentaine de morts.