Nadia Janane
25 Avril 2019•Mise à jour: 25 Avril 2019
AA / Tunis / Yosra Ouanes
La Commission d’enquête sur le décès de 14 bébés dans un service public de néo-natalité à Tunis, début mars, a conclu à une origine infectieuse du décès et a admis qu’il s’agissait d’une erreur humaine.
La Commission a présenté son rapport final lors d’une conférence de presse tenue jeudi.
Selon le président de la Commission, Mohammed Douaji, les 14 nourrissons sont morts d’une infection nosocomiale – dite hospitalière – due à « une erreur humaine ».
Il n’a, toutefois, imputé la responsabilité de cette « erreur » à aucune partie.
L’infection nosocomiale se développe dans les milieux hospitaliers et frappe en particulier les personnes âgées, les nouveau-nés ou les personnes atteintes de déficits immunitaires secondaires. Elle est due à des bactéries très résistantes aux antibiotiques souvent transmises, entre autres, par un autre patient, le personnel hospitalier ou au contact du matériel médical.
Douaji a souligné que « les médicaments administrés aux nourrissons décédés étaient conformes aux normes de sécurité (relatives aux pratiques et au suivi pharmaceutiques) ».
« Les médicaments n’étaient pas périmés et nous disposons des éléments qui le prouvent », a-t-il assuré.
« Le décès a été provoqué par une infection bactérienne durant le processus de préparation des médicaments et non lors de leur administration aux nourrissons », a précisé Douaji.
« La Commission – qui compte treize membres - a travaillé en toute indépendance et loin de toute forme de pression pour plus de six semaines durant lesquelles elle a tenu 18 réunions », a-t-il ajouté.
Douaji a affirmé que « la Commission avait procédé à des analyses auxquelles ont été soumis médecins, infirmiers, agents de maintenance et personnel de nettoyage du service de néo-natalité concerné ».
« Il a d’ailleurs été prouvé qu’ils ne souffraient d’aucune infection et n’avaient aucun lien avec l’incident »,a-t-il avancé.
La ministre tunisienne de la Santé par intérim, Sonia Ben Cheikh, a, elle, déclaré, lors de la même conférence, que « le rapport final de la Commission serait présenté à la justice pour poursuivre les investigations ».
Ben Cheikh a par ailleurs confirmé la présence de "défaillances dans la salle de préparation des médicaments", sans en préciser la nature.
Entre le 7 et le 8 mars, onze nouveau-nés, admis au service de néo-natalité du complexe hospitalier de Rabta, ont perdu la vie.
Le bilan s’est ensuite alourdit à 14.
Une enquête préliminaire a, alors, révélé que les nouveau-nés décédés avaient succombé à une infection sanguine, appelée "une infection nosocomiale sévère", causé par un produit d’alimentation parentérale « contaminé ».