Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
26 Mai 2021•Mise à jour: 27 Mai 2021
AA/Tunis
Le Président tunisien, Kaïs Saïed, a déclaré mercredi, « nous ne sommes pas les partisans d'un coup d'État, ni de ceux qui dérogent aux règles de la légitimité, mais nous sommes plutôt en faveur de la complémentarité entre les institutions ».
Saïed s’exprimait lors de sa rencontre avec le chef du gouvernement, Hichem Mechichi et le ministre de la Défense, Brahim Bartagi, au Palais présidentiel de Carthage, selon une séquence vidéo publiée par la Présidence de la République Tunisienne sur sa page officielle Facebook.
La réaction de Saïed intervient à la suite de la publication dimanche par le site Internet britannique «Middle East Eye» (MEE), d’un document qui évoquait des allégations de «coup d'État» orchestré par la Présidence de la République Tunisienne contre le gouvernement en place.
MEE avait indiqué que ledit document aurait « été fuité par le bureau de la cheffe du cabinet présidentiel, Nadia Akacha, et remonte à la date du 13 mai 2021 ».
« Nous ne sommes pas les partisans d'un coup d'État, ni de ceux qui dérogent aux règles de la légitimité, mais nous sommes plutôt en faveur de la complémentarité entre les institutions », a lancé Saïed.
« Il est vrai, qu’il existe des perceptions différentes, mais dans le cadre d’un seul et même pays doté d’une seule diplomatie et d’une complémentarité, indépendamment des différences de points de vue ou d’approches », a précisé le chef de l’État.
Et Saïed de poursuivre, « Il doit y avoir une coordination totale entre les institutions de l’État ».
« L'Etat ne peut pas être géré séparément, car l'Etat est indivisible, avec ses différentes institutions opérant dans le cadre de la loi », a-t-il expliqué.
« Il est désolant d’évoquer des questions telles que le document fuité. Paradoxalement, lorsqu'un message vous parvient, vous êtes censé rendre des comptes, alors qu’à la base nous devons chercher qui a envoyé le message », a souligné Saïed, en référence au document publié par MEE sur son site Web.
Selon le document fuité, « des conseillers ont exhorté Kaïs Saïed à activer l'article 80 de la Constitution et à décréter l'état d'exception comme un outil pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains du Président de la République ».
Le Président tunisien a averti: « Nous sommes un État fondé sur les institutions et le respect de la loi et de la Constitution en premier lieu, et non sur des questions liées aux personnes ».
Il a fait part à cet effet de son souhait que « La justice joue pleinement son rôle au regard des conditions délétères qui affectent l’Etat ».
Et Saïed d’expliquer, « Il y a le parquet, qui doit agir de son propre chef et quiconque veut se protéger par la Constitution et l'immunité, qu'il le fasse ».
« L’Etat ne se fonde pas sur le règlement de comptes, mais sur le respect des institutions, et de la loi », a-t-il fait observer.
Au sujet du conflit sur les prérogatives, le Président tunisien a déclaré, «Il y a une hérésie à parler de trois présidents, alors qu’il y a un Président de la République, un chef de gouvernement et un président du Parlement, chacun dans son domaine de compétence dans le cadre de la complémentarité et de la concertation ».
La Tunisie endure deux crises économique et sociale, culminant avec la pandémie du coronavirus, alors que l'économie tunisienne a connu une forte récession au cours de l'année dernière.
Des différends prévalent dans la relation entre le Président de la République, Kaïs Saïed et son chef de gouvernement, Hichem Mechichi, à la suite du remaniement ministériel opéré le 16 janvier dernier portant sur 11 portefeuilles (parmi 25).
Les 11 nouveaux ministres avaient obtenu la confiance du Parlement, 10 jours après. Cependant, Saïed n’a pas adressé jusqu’à ce jour d’invitation aux nouveaux ministres pour la prestation de serment, estimant que ledit remaniement « était entaché de violations ».
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail