1 23
10 Février 2021•Mise à jour: 10 Février 2021
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
En France, le parquet a requis 5 mille euros d’amende à l’encontre de la présidente du Rassemblement National Marine Le Pen et du député Gilbert Collard, pour avoir diffusé, sur les réseaux sociaux, des photos des crimes de Daech.
Les deux prévenus encourent une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.
A son arrivée au tribunal de Nanterre (région parisienne), Marine Le Pen a dénoncé un « procès politique ».
Elle comparaissait ce mercredi pour avoir publié, le 16 décembre 2015, des photos des exactions de Daech sur Facebook et Twitter.
Les accusés sont poursuivis en vertu de l’article 227-24 du Code pénal qui établit que « le fait de diffuser un message à caractère violent, de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu par un mineur ».
À la barre, ils se sont justifiés en expliquant avoir publié ces images atroces en réagissant aux propos d’un journaliste qui comparaît leur parti politique à Daech.
Les photos, qu’Anadolu avait pu consulter au moment des faits, montraient notamment le corps décapité du journaliste américain James Foley, provoquant la colère de sa famille.
Assurant au tribunal, n’avoir jamais porté atteinte à la dignité humaine en publiant les images, Gilbert Collard est allé jusqu’à affirmer: « Si un abruti nie la Shoah, je suis parfaitement capable de lui sortir des photos de camps de concentration ».
Allant dans son sens, Marine Le Pen a expliqué que « c’est le crime qui porte atteinte à la dignité humaine, ce n’est pas sa reproduction photographique ».
Néanmoins, au cours d’une déclaration à la presse à son arrivée au tribunal, la députée a indiqué que si c’était à refaire, elle n’hésiterait pas.