Ali Murat Alhas
06 Juillet 2018•Mise à jour: 06 Juillet 2018
AA/ Erbil (Irak)
Assécher les sources de financement de Daech en Irak, nécessite au moins 5 ans supplémentaires, affirme un haut responsable du District kurde du nord du pays.
C’est ce qu’a déclaré Jabbar Yavar, secrétaire général du ministère des Peshmergas au sein du gouvernement du District kurde du nord de l'Irak (KRG), dans un entretien avec Anadolu au sujet de l’organisation terroriste.
À la fin de l'année écoulée, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a déclaré que la présence militaire de Daech dans le pays avait été pratiquement éradiquée.
Pour sa part, Yavar, considère cette déclaration comme étant trop optimiste.
« Selon les renseignements recueillis par la coalition internationale [dirigée par les États-Unis], Daech - qui s’était emparé de Mossoul, la deuxième plus grande ville de l'Irak, envahi les deux tiers du pays, et s'est financé par la vente du pétrole - a été temporairement neutralisé », a-t-il déclaré.
"L’organisation pourrait cependant reprendre ses activités sous une autre dénomination", a-t-il ajouté.
"Maintenant, il se réorganise de manière souterraine, comme Al-Qaïda", a déclaré le responsable. "Il a eu recours à la mise en place de faux barrages sécuritaires sur les autoroutes [pour arrêter et tuer des éléments des forces de sécurité]."
Le groupe a subi "des dommages énormes" ces derniers mois ", affirme Yavar, notant cependant que Daech "est en train de se réorganiser".
Il a ajouté que la fréquence des attaques de Daech avait récemment augmenté, en particulier le long de l'autoroute reliant la capitale Bagdad à la province pétrolière de Kirkouk.
"Le fait que Daech kidnappe des gens pour obtenir une rançon et multiplie les attentats suicides indique qu'il a été sévèrement affaibli", a déclaré Yavar.
"Mais de tels actes servent encore à terroriser le public", a-t-il ajouté. "Bien que ces attaques puissent être considérées comme relativement peu importantes, elles démoralisent néanmoins les gens."
- Cinq ans
Selon le responsable kurde, les renseignements recueillis par la coalition dirigée par les États-Unis - qui a été rassemblée en 2015 - suggèrent qu'il faudra au moins cinq ans pour assécher les sources de financement du groupe terroriste.
Il a ajouté que certaines parties de l'Irak, comme la région montagneuse de Hamrin entre Diyala et Salaheddine, ainsi que la zone désertique de Mossoul, restent toujours hors du contrôle du gouvernement central irakien.
"Aucune partie du pays n'est désormais sous le contrôle de Daech", a déclaré Yavar. "Mais dans certaines zones urbaines, les terroristes peuvent encore agir en toute liberté".