AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Dominique Strauss-Kahn, ancien président du Fonds monétaire international (FMI) a été relaxé vendredi de ses charges de proxénétisme aggravé en réunion, par le tribunal correctionnel de Lille.
Dans ce procès, dit aussi ''l'Affaire Carlton'', en référence à l'Hôtel Carlton à Lille, qui aurait été le foyer d'un réseau d'exploitation sexuelle, Strauss-Kahn avait été accusé de faire partie d'un réseau de proxénétisme, interdit par la loi française. L'ancien président du FMI a eu un ''comportement de client non répréhensible par la loi pénale'', ont estimé les juges dans leur délibération.
Accusé dans le cadre de la même affaire, l'homme d'affaires et "proxénète" Dominique Alderweireld, alias ''Dodo la Saumure'', a aussi été relaxé par la justice. En revanche, René Kojfer, ancien chargé des relations publiques de l'Hôtel Carlton a été condamné à un an de réclusion avec sursis.
Le procureur de la République, Frédéric Fèvre, avait demandé à la mi-février la relaxe ''pure et simple'' pour Strauss-Kahn. Dans sa réquisition, le procureur avait affirmé que les échanges de Dominique Strauss-Kahn avec les femmes au Carlton ''ne traduisent pas l'activité d'un proxénète".
Le jugement avait été alors mis en délibéré par le tribunal de Lille au 12 juin.
Les juges avaient initialement affirmé lors du premier procès, début février, que Strauss-Kahn aurait effectivement participé, voire organisé les ''fêtes'" en Belgique, en France et aux Etats-Unis où des prostituées étaient payées pour avoir des relations sexuelles avec les invités, y compris avec lui-même.
L'économiste français, de 65 ans, avait été par ailleurs accusé de viol par Nafissatou Diallom, une femme de chambre du Sofitel de New York. Strauss-Kahn avait été arrêté le 14 mai 2011 et placé en détention provisoire, peu avant sa candidature pour les élections présidentielles en France.
La prostitution, l'échange d'un service sexuel contre de l'argent, n'est pas illégale en France, pourtant il est interdit de solliciter ou de gérer un réseau de proxénétisme.