AA / Tunis / Esma Ben said
Amnesty International a appelé, mercredi, le gouvernement tchadien à rouvrir sa frontière avec la RCA, pour éviter les "conséquences dramatiques" qu’entraine une telle fermeture pour les centrafricains qui fuient les violences dans leur pays.
"La décision du gouvernement tchadien de fermer la longue frontière qui borde le sud du pays aura des conséquences dramatiques pour les hommes, femmes et enfants fuyant les violences en République centrafricaine qui empirent depuis des mois", a déclaré Amnesty International dans un communiqué publié sur le site officiel.
Le président tchadien, Idriss Déby Itno, avait annoncé " la décision de fermer les frontières Tchad-RCA jusqu'à nouvel ordre", dimanche, lors d’un arrêt à la sous-préfecture de Daha, localité frontalière avec la RCA.
« Vous êtes à moins de 20m de la frontière avec la RCA. Sachez dès aujourd’hui que notre frontière avec ce pays est hermétiquement fermée. Par conséquent tout tchadien qui désire rentre chez-lui avec ses biens, nous lui ouvrirons grandement la frontière. Mise à part ce cas précis, personne n’est autorisée à franchir cette frontière jusqu’à ce que la crise centrafricaine soit résolue »avait-il livré, selon un communiqué de la présidence publié lundi.
Le spécialiste de l’Afrique centrale à Amnesty International,Christian Mukosa a déploré cette décision « le président Déby ferme la porte aux personnes qui veulent quitter la RCA pour se réfugier au Tchad, les condamnant ainsi à souffrir davantage », a-t-il expliqué en appelant dans le même temps la communauté internationale à "faire plus pour soutenir les dizaines de milliers de réfugiés qui ont fui la Centrafrique pour se rendre au Tchad".
«Plus de 360 000 personnes ont déjà fui la République centrafricaine pour se réfugier dans les pays voisins, dont un grand nombre à partir de décembre 2013, lorsque la crise actuelle s'est aggravée et a commencé à donner lieu à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dans un climat de nettoyage ethnique. La fermeture de la frontière coupera une voie de communication vitale pour les civils qui cherchent refuge au Tchad.
Les civils centrafricains ne doivent pas être renvoyés de l'autre côté de la frontière, où ils peuvent être attaqués ou tués.» ajoute le texte.
Les musulmans centrafricains ont fui en masse les exactions en direction du Tchad qui a accueilli, selon les dernières données des Nations Unies, plus de 70 000 réfugiés.