AA/ Le Caire/ Marwa Gamal
La représentante du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans la région MENA, Chaima Abul Khir, a affirmé que la situation des journalistes s’est gravement dégradée depuis la destitution de Morsi en juillet dernier.
Elle a souligné, dans une déclaration à Anadolu, la divergence entre la garantie constitutionnelle de la liberté d’opinion et d’expression et la réalité des pratiques sur le terrain.
La représentante de CPJ a imputé la responsabilité de cette dégradation et ses conséquences aux autorités égyptiennes. «L’Etat est le premier responsable de cette situation dégradée. 65 Journalistes ont été arrêtés et détenus pendant des périodes variables avant que certains ne soient libérés, mais 17 d'entre eux sont encore en détention. Les agressions contre les journalistes perdurent, ce qui a fait des blessés et même des morts et l’Etat demeure indifférent », a-t-elle déploré.
S’appuyant sur l’incarcération d’une journaliste égyptienne et les harcèlements contre l’équipe de la chaine « Al-Arabya », elle a conclu « l’Etat égyptien est à persécute des journalistes et cherche à standardiser le ton des médias et le contrôle des contenus diffusés par les institutions médiatiques officielles et privées ».
Les enregistrements d’Al-Arabya ont été confisqués par les autorités du Métro égyptien à cause de l’insistance de la journaliste sur les retards du métro, lors de son interview avec le président de la compagnie nationale du métro sous terrain.
évoquant les gilets des journalistes, elle les a qualifié de «catastrophique» et pourraient mettre en danger la vie de ceux qui les portent. Ces gilets ne respectent pas les normes internationales, même les plus élémentaires, selon la représentante du CPJ.
« Ces gilets ont la même couleur que la tenue militaire, ce qui expose le journalise qui le porte au danger, notamment dans les manifestations hostiles au régime militaire», a-t-elle précisé.
A l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse, trois thématiques seront mis en exergue, à savoir "les médias et le développement", "la sécurité des journalistes et la primauté de la loi", et "la pérénité et l’intégrité de la presse".
Durant ces derniers mois, des journalistes ont péri et d’autres ont été blessés lors des dispersions forcées des manifestations pro-Morsi. La police et les manifestants s’échangent les accusations au sujet des agressions contre les journalistes.
« Au moment où on procède à des amendements en faveur de la liberté de la presse, les pratiques sur le terrain contre les journalistes évoluent en sens opposé », a ajouté pour sa part, le membre du conseil du syndicat égyptien des journalistes, Hichem Younes. Et d’ajouter «On assiste à un climat pesant sur les journalistes qui s’ajoute à la forte pressionde la part de parties qui cherchent à faire des journalistes des instruments de propagande ».
Le syndicaliste a appelé, à cet égard, à arrêter les comportements agressifs contre les journalistes sur le terrain.
Il souligné, par ailleurs, que le syndicat adopte toute tentative pour la libération des journalistes détenus et non impliqués dans des affaires criminelles.