AA/Le Caire/Sayyed Fathi
Un tribunal égyptien a condamné à mort, lundi, 22 partisans de l’ancien président Mohamed Morsi. Selon une source judiciaire, les condamnés ont été accusés d’avoir attaqué une poste de police, et tué un officier.
La source, qui a requis l'anonymat, a déclaré à Anadolu que le Tribunal pénal de Gizeh (ouest du Caire), présidé par le juge Mohammed Naji Shehata, a condamné lundi à la peine capitale, 22 partisans de Morsi, et un autre à 10 ans de prison. Ils sont accusés d’avoir fait irruption dans le poste de police de Kerdassa (à l'ouest) et d'avoir tué un officier. La même source précise qu’il s’agit d’un jugement susceptible d'appel.
Le tribunal a transféré le 18 mars les dossiers des 22 accusés au Mufti d’Egypte, Chawki Allam, pour solliciter son avis sur leur exécution.
23 accusés ont été jugés au cours de ce procès dont 15 en détention et huit par contumace, accusés de voies de fait et d'agression contre le poste de police Kerdassa, les 3 et 5 Juillet 2013.
Dans la loi égyptienne, le recours au mufti constitue l’une des étapes de la condamnation à la peine capitale. L’avis de l’autorité religieuse n’est en effet pas contraignant, puisque le juge peut décider de l’exécution d’un condamné, même si le mufti a exprimé son désaccord sur la question.
Les inculpés sont notamment accusés de «vandalisme, d’influencer l'autorité publique, de l’assassinat avec préméditation de Hani Mahmoud Ibrahim Abdul Latif du poste de police de Kerdassa, de détention d'armes et de munitions sans autorisation». Les condamnés ont réfuté les accusations.
Selon un recensement effectué par Anadolu, 471 condamnations à la peine de mort ont été prononcées lors de procès d’opposants, depuis l’éviction de l'ancien président Mohamed Morsi le 3 juillet 2013 à ce jour. Un seul condamné à mort, Mahmoud Ramadhane a été exécuté le 7 mars dernier.