Meher Hajbı
03 Janvier 2020•Mise à jour: 05 Janvier 2020
AA - Bagdad - Amer Hassani
Le chef du gouvernement intérimaire irakien, Adel Abdel Mahdi a condamné, vendredi, l'assassinat du commandant de la Force al-Quds Qassem Soleimani et du vice-président du groupe irakien al-Hachd al-Chaabi, Abou Mahdi al-Mouhandis.
Dans communiqué rendu public, dont Anadolu a eu une copie, Abdel Mahdi a également appelé le Parlement à tenir une session d'urgence pour prendre les "décisions législatives nécessaires" en référence au vote pour le retrait des forces américaines du pays à la suite de l’assassinat des martyrs Soleimani et al-Mouhandis.
Pour Abdel Mahdi, "les deux martyrs ont été de grands symboles de la victoire contre les terroristes de Daech et l'assassinat d'un chef militaire irakien, qui occupe une position officielle, constitue une agression contre l'Irak, l'Etat, le gouvernement et le peuple".
Abdel Mahdi a estimé que "l’élimination des dirigeants irakiens depuis un pays frère ou sur le sol irakien est une violation flagrante de la souveraineté, une offense contre la dignité du pays et une escalade dangereuse qui déclenche les prémices d’une guerre dévastatrice dans le pays, la région et le monde".
"Ce qui s'est passé est une violation flagrante des conditions de présence des forces américaines en Irak, car son rôle se limite à la formation des forces irakiennes et à la lutte contre Daech au sein des forces de la coalition internationale et sous les auspices et l'approbation du gouvernement", a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, le chef du gouvernement intérimaire a fait savoir qu’il a appelé à la tenue d’une session parlementaire extraordinaire sur la base des dispositions de l'article (58) de la Constitution, afin de réglementer la position officielle et de prendre des décisions législatives et les mesures nécessaires appropriées pour préserver la dignité, la sécurité et la souveraineté de l'Irak.
En effet, Abdel Mahdi semble faire illusion à une décision du Parlement pour annuler un accord entre l'Irak et les États, comme prélude au retrait des soldats américains du pays.
Les deux pays avaient conclu l'accord "cadre stratégique" en 2008, qui organisait la sortie des forces américaines et les relations militaires, économiques, politiques entre les deux pays dans la phase post-occupation.
Le commandant du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, Qassem Soleimani et le vice-président du groupe irakien al-Hachd al-Chaabi, Abou Mahdi al-Mouhandis, ont été tués, vendredi, dans un raid américain alors qu’ils prenaient la route de l'aéroport de Bagdad.
Cette escalade intervient à la suite des actes de violence ayant marqués les manifestations devant l'ambassade américaine à Bagdad, mardi et mercredi, pour contester le bombardement américain contre des brigades irakiennes du "Hezbollah", qui est proche de l'Iran, tuant 28 militants et en blessant 48 autres, dans le gouvernorat d'Anbar (ouest).
Washington a déclaré que le bombardement des brigades est intervenu en réponse aux attaques de missiles lancées menées contre des bases militaires irakiennes hébergeant des soldats et des diplomates américains, au cours desquelles un Américain a été tué près de la ville de Kirkouk, dans le nord de l'Irak.
Les responsables américains accusent l'Iran, par le biais de ses mandataires des factions chiites, de lancer des attaques de missiles contre des bases militaires hébergeant des soldats et des diplomates américains en Irak, ce que Téhéran nie.
Désormais, la tension monte entre Washington et Téhéran, deux alliés de Bagdad, alors que l'on craint que l'Irak ne devienne un champ de bataille entre les deux pays.
Il est à rappeler qu’environ 5 mille soldats américains sont déployés dans des bases militaires à travers l'Irak, dans le cadre de la coalition internationale pour lutter contre l'organisation terroriste Daech.