AA/ Monrovia (Libéria)/ Evelyn T. Kpadeh
Depuis le déclenchement de l’épidémie d’Ebola et la fermeture de plusieurs importants établissements médicaux, de nombreux Libériens ont dû s’improviser médecins en achetant et en s’administrant eux-mêmes des médicaments sans l’avis de praticiens agréés.
« Je suis venu acheter de l’Amoxicilline [antibiotique] et des sels de réhydratation orale (SRO) pour ma famille » a déclaré une mère de famille nombreuse, Sue Dweh, à l’Agence Anadolu (AA), dans une pharmacie du centre de la capitale libérienne, Monrovia.
« Comme nous le savons tous, les hôpitaux sont fermés, nous devons donc prendre nous-même nos précautions» a expliqué cette mère de six enfants.
Plusieurs importants hôpitaux ont dû fermer leurs portes à la population pour se concentrer à combattre l’épidémie de virus Ebola menaçant lourdement ce pays de l’Afrique de l’Ouest comptant plus de 4 millions de personnes.
Les centres médicaux de taille plus modeste ont également été désertés par les habitants qui craignent d’être désignés comme des cas suspects d’Ebola et d’être mis en quarantaine sur la simple base de symptômes tels que la diarrhée ou la faiblesse physique.
Les pharmacies “Lucky and Abeer”, plus important distributeur de médicaments du pays, sont submergées par le nombre des demandes de petite pharmacie locales et de clients originaires de toutes les régions du pays.
Un Libérien, s’étant uniquement présenté sous le nom de Kelvin, émerge de la pharmacie chargé, pour sa part, d’un carton entier de médicaments.
« Je ne pense pas que ce soit recommandable, mais on ne peut rien y faire. Tout le monde est son propre médecin maintenant » expose le Libérien qui tient une pharmacie locale en-dehors de Monrovia.
Le Libéria a signalé 294 cas d’infection par le virus Ebola et a enregistré plus de 150 décès liés à la maladie mortelle, depuis février dernier. Le pays a, par ailleurs, instauré, le 7 août, un état d’urgence de trois mois pour tenter d’endiguer l’épidémie.
Ce type de fièvre tropicale - apparue pour la première fois au Soudan et en République démocratique du Congo, en 1976 – et pour laquelle il n’existe aucun traitement efficace, se transmet à l’humain au contact d’animaux sauvages ainsi que par contact avec des fluides corporels de personnes contaminées.