AA / Glasgow, Écosse / Nuran Erkul Kaya - Gulsen Cagatay
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dévoilé, mardi, au deuxième jour de la 26e session de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), un plan international visant à généraliser les technologies respectueuses de l'environnement et financièrement abordables d'ici à 2030.
Quarante dirigeants, représentant plus de 70 % de l'économie mondiale, dont les États-Unis, l'Inde, l'Union européenne et la Chine, ont appuyé le plan d'action de Glasgow, qui s'inspire de la stratégie "zéro émission nette" du Royaume-Uni.
Johnson a annoncé ce plan lors de la séance consacrée à la stimulation de l'innovation et du déploiement des technologies vertes à la COP26.
Dans le cadre de ce plan, les pays et les entreprises coordonneront et renforceront chaque année leur action en faveur du climat afin d'accélérer le développement et le déploiement des technologies vertes et de faire baisser les coûts d'ici à 2030.
Le plan a été approuvé par l'Australie, la Belgique, le Canada, le Cap-Vert, le Chili, la Chine, le Danemark, l'Égypte, l'Union européenne, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Guinée-Bissau, l'Inde, l'Irlande, Israël, l'Italie, le Japon, le Kenya, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Macédoine du Nord, la Norvège, Malte, la Mauritanie, le Maroc, et la Namibie.
Les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, le Nigeria, le Panama ont également appuyé cette initiative, de même que le Portugal, la République de Corée, le Sénégal, la Slovaquie, l'Espagne, la Suède, la Turquie, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Dans son allocution, Johnson a défini les cinq premiers objectifs du plan d'action, qui portent collectivement sur plus de 50 % des émissions mondiales.
Le premier objectif porte sur l'énergie propre, qui constitue l'option la plus abordable et la plus fiable pour que tous les pays puissent répondre efficacement à leurs besoins en électricité d'ici à 2030.
Le deuxième objectif concerne le transport routier, les véhicules non polluants devenant la nouvelle norme en raison de leur disponibilité, de leur prix et de leur viabilité.
L'acier à émissions quasi nulles est le troisième objectif, alors que le quatrième vise à rendre abordable l'hydrogène renouvelable et à faible teneur en carbone dans le monde entier d'ici à 2030.
Le cinquième objectif consiste à créer une agriculture résistante au climat et viable partout dans le monde d'ici à 2030.
Selon Boris Johnson, la réalisation des cinq premiers objectifs pourrait créer 20 millions de nouveaux emplois dans le monde et générer plus de 1600 milliards de dollars dans les économies émergentes et avancées.
"En faisant des technologies respectueuses de l'environnement le choix le plus abordable, le plus accessible et le plus intéressant, devenant ainsi le choix par défaut dans les secteurs qui sont aujourd'hui les plus polluants, nous pouvons réduire les émissions dans le monde entier", a déclaré Johnson lors du lancement du plan d'action de Glasgow.
"Le plan d’action de Glasgow va donner un nouvel élan à ce processus afin que, d'ici à 2030, les technologies vertes puissent être appréciées, non seulement pour réduire les émissions, mais aussi pour créer davantage d'emplois et une plus grande prospérité."
Les dirigeants s'engageront également à discuter chaque année, à partir de 2022, des progrès réalisés dans chaque secteur. Ces discussions seront accompagnées de rapports annuels pilotés par l'Agence internationale de l'énergie, en collaboration avec l'Agence internationale pour les énergies renouvelables et des responsables des Nations unies.
Des débats annuels au niveau ministériel seront organisés sur l'initiative mondiale visant à accélérer l'innovation en matière d'énergie propre dans les secteurs public et privé pour lutter contre le changement climatique, la "Mission Innovation", de même que dans le cadre du forum mondial des ministres chargés de la politique environnementale.
Une série de nouvelles initiatives ont également été lancées à l'appui du plan d'action de Glasgow.
Il s'agit notamment du lancement de l'initiative des réseaux verts (Green Grids Initiative-One Sun One World One Grid), initiée par le Royaume-Uni et l'Inde et appuyée par plus de 80 pays. Cette initiative vise à mobiliser la volonté politique, les ressources financières et l'assistance technique nécessaires pour connecter les continents, les pays et les communautés aux meilleures sources d'énergie renouvelables du monde, afin de garantir que personne ne soit privé d'accès à l'énergie verte.
Le lancement de l'Alliance mondiale de l'énergie pour les peuples et la planète ("Global Energy Alliance for People&Planet") prévoit un financement initial de 10 milliards de dollars de la part de mécènes et de banques de développement, afin de soutenir l'accès à l'énergie et la transition vers l'énergie propre dans les pays du Sud, en partenariat stratégique avec le Conseil pour la transition énergétique, placé sous la houlette du Royaume-Uni.
Une nouvelle initiative, AIM4C, portée par les États-Unis et les Émirats arabes unis, avec le soutien de 30 pays engagés à accélérer l'innovation dans l'agriculture durable, a déjà recueilli 4 milliards de dollars d'investissements additionnels dans l'agriculture et la filière alimentaire respectueuse du climat, dont 1 milliard de dollars de fonds américains.
La COP26, organisée par le Royaume-Uni, se tient à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj