AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré, dimanche, que les opérations menées contre le PKK n’ont aucun lien avec les prochaines élections et qu’elles se poursuivront tant qu'elles seront nécessaires.
Davutoglu a répondu aux questions des journalistes sur la lutte contre le terrorisme lors de la réception donnée par le Président de la République à l’occasion de la Fête de la Victoire.
«L’un des thèmes principaux de notre campagne pour les législatives du 1er novembre sera la stabilité, a-t-il annoncé. Mais pas seulement, je veux élargir la base de notre discours en partant de la stabilité. Quant à la sécurité, elle doit être assurée, et ceci n’a aucun lien avec les élections. Oui, les élections doivent se tenir dans un contexte de sécurité pour nos citoyens. Toutes les mesures seront prises même le jour des élections. Mais contrairement à ce que certains affirment, ces opérations ne sont pas destinées à gagner les élections. La sécurité de notre pays est plus importante que tout. Notre pays doit retrouver la sérénité.»
Répondant à une question d’un journaliste sur la poursuite du processus de résolution, le Premier ministre a estimé que les réformes démocratiques se poursuivront.
«Cela dépend de ce que vous comprenez du processus, a-t-il expliqué. S'il s’agit des réformes démocratiques et culturelles, oui elles se poursuivront. Les réformes que nous avons réalisées dans ce domaine ces douze dernières années vont dans le bon sens. Mais si vous faites allusion au désarmement et à la fin des affrontements, il faut tout d’abord que les promesses faites en mai 2013 soient tenues. Les armes doivent être abandonnés et les groupes armés doivent quitter notre territoire. Sans cela, les opérations de sécurité se poursuivront.»
Ahmet Davutoglu a martelé que la sécurité devra être garantie dans chaque centimètre carré du pays, rappelant que les nombreux explosifs et armes découverts dans les régions de Diyarbakir et Silopi (Sud-est) démontrent bien les objectifs du PKK. Il en a conclut qu’il ne s’agit clairement pas de poursuivre le processus de résolution.
«Ceux qui disent vouloir la paix doivent d’abord abandonner les armes, a-t-il dit. On ne peut parler de paix si des groupes de terroristes armés sont toujours présents à l’intérieur de nos frontières. Faire des appels pour la paix alors que tous les jours ils attaquent et tuent nos policiers et nos soldats n’est pas acceptable. Ce n’est pas l’appel qu’il faut faire, c’est ce qu'il préconise.»
Le chef du gouvernement a également exprimé la détermination de l’Etat et du gouvernement à ne pas autoriser le PKK à intégrer des civils dans ses rangs.
«Nous avons bien vu lors des affrontements des 6,7 et 8 octobre de l’année dernière que le PKK veut opposer des parties de la population entre elles, a-t-il expliqué. Ils veulent mettre à feu et à sang nos villes. Nous n’autoriserons pas ça. En aucun cas, dans une volonté purement démocratique, nos concitoyens ne seront associés à ce combat.»
D’autre part, Ahmet Davutoglu a indiqué que sa campagne pour les élections législatives à venir, sera plus courte, du fait du délai limité, et qu’il se contentera de meetings principaux.
Pour le Premier ministre, personne ne doit s’attendre à ce que les résultats du prochain scrutin ressemblent à ceux du 7 juin, affirmant que son parti (AKP) pourra remporter la majorité pour gouverner seul.