Mourad Belhaj
13 Juillet 2020•Mise à jour: 13 Juillet 2020
AA / Alger / Hassan Jibril
Le président algérien Abdelmejid Tebboune a dévoilé, lundi, les grandes lignes du plan de relance de l’économie du pays, qui traverse une crise aigüe depuis plusieurs années.
C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public par le Conseil des ministres, et dont l’Agence Anadolu a eu copie.
« Le plan de relance de l’économie comporte 37 sections dans plusieurs secteurs, tels que l’énergie, l’agriculture, les finances et l’industrie », lit-on dans le communiqué.
Il s’agit, essentiellement, du lancement des opérations d’exploration et de prospection des réserves d’énergie non-exploitées (pétrole et gaz) à travers des études rigoureuses.
Le plan prévoit, également, la suspension de toutes les opérations d’importations de brut et de produits raffinés, avant le premier trimestre de l’année 2021, en tant que moyen de promotion de la production locale et de réduire le taux d’utilisation des devises étrangères.
Tebboune a également décidé de procéder à une refonte du statut de la SONATRACH dans le but de recenser ses avoirs, de diminuer le nombre de ses bureaux et de ses employés à l’étranger et de réduire les postes de responsabilité en son sein, dans le cadre des mesures d’austérité.
Pour ce qui est du secteur de l’industrie, le plan de relance prévoit l’élaboration d’un nouveau cahier de charges destiné aux activités de l’industrie automobile et de l’industrie de l’électroménager, de la fabrication de pièces détachées et de l’importation de nouveaux véhicules, l’objectif étant d’inciter l’investissement national.
Le plan de relance a accordé la priorité au soutien financier aux jeunes entreprises qui seront créées sur simple déclaration sans avoir besoin d’un dossier administratif et de registre de commerce.
Dans le secteur minier, le communiqué relève le début de l’exploitation des mines de fer à Ghar Jebilet dans la province de Tindouf (sud-ouest), qui recèle l’une des plus grandes réserves dans le monde, ainsi que les mines de zinc et de plomb à Amizour dans la province de Béjaia (centre) et du projet des phosphates à Laouinet dans la province de Tbessa (est).
Le plan de Tebboune a approuvé une proposition formulée par le ministre de l’Industrie portant autorisation aux jeunes et aux citoyens d’exploiter les mines d’or à Djanet et à Tamanrasset dans l’extrême sud du pays ainsi qu’au sujet du lancement de partenariats étrangers dans le secteur des mines.
Le plan de relance prévoit également la récupération des réserves locales d’or à partir des fonds gelés depuis des dizaines d’années au niveau des douanes et de ceux saisis au niveau des ports et des aéroports pour les intégrer dans les réserves nationales.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, l’Algérie parviendra d’ici la fin de l’année en cours à assurer des fonds d’une valeur de 20 milliards de dollars, immédiatement après le début de l’application intégrale du plan de relance.
Tebboune a été investi officiellement depuis le 19 décembre dernier. Les premiers mois de son mandat ont été marqués par une crise économique, à cause de la baisse des cours du brut sur le marché mondial et des retombées négatives de la pandémie de la Covid-19 qui touche la planète depuis plusieurs mois.
L’économie algérienne souffre d’une dépendance aigue des recettes énergétiques (pétrole et gaz), qui représentent quelque 93% des recettes du pays en devises fortes, selon des données officielles.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou