AA/ Niamey- N’Djamena- Kinshasa-Bujumbura/ Kané Illa- Mahamat Ramadane- Joseph Tsongo- Nzosaba Jean Bosco/ Synthèse de Mohamed Abdellaoui
Le Mois Saint pointe à l’horizon. Bon nombre de fidèles africains ont déjà entamé leurs rituels traditionnels. La paix et rien que la paix, prêchent certains ; solidarité et entraide, insistent les autres. Mais le mois saint a bel et bien ses propres dits dans certaines contrées du continent.
• Coups de pinceau et feuilles du « moringa » à Niamey
Au Niger, pays dont la population est à plus de 90% musulmane et où le jeûne de Ramadan 2017 débute, samedi, l’encens ramadanesque émane surtout des mosquées, tout autant que des marchés de la capitale Niamey.
Du côté des lieux de culte, l’ambiance du jeûne se traduit par des coups de pinceaux donnés à certaines façades des mosquées, ainsi que par le renforcement de leurs dispositifs de sonorisation. L’objectif étant d’atteindre le plus grand public possible, lors des prêches nocturnes qui sont organisés pendant toute la période du mois de Ramadan.
Le Mois Saint est aussi un moment au cours duquel les plus nantis procèdent à la distribution d’une partie de leur fortune aux personnes démunies. C’est le cas des commerçants qui distribuent des vivres et des sommes d’argent à des personnes nécessiteuses. «L’année dernière j’ai eu beaucoup de cadeaux pendant le Ramadan. J’attends celui de cette année avec beaucoup d’impatience», confie à Anadolu Ali Sani, un mendiant rencontré aux abords du grand marché de Niamey.
Au niveau des marchés, sont exposés de nombreux produits prisés par les jeûneurs. Outre les dattes, le thé et les fruits, très consommés à l’heure de rupture, il y a aussi et surtout les feuilles du «moringa» qui servent à préparer du «kopto», un plat très aimé par ceux qui observent le Ramadan, surtout les habitants des centres urbains. C’est généralement le tout premier plat que prennent les jeûneurs après la rupture, en raison de sa facilité de digestion.
• Dons aux mosquées à N’Djamena
Au Tchad où samedi sera le premier jour du jeûne, les mosquées y compris la Grande Mosquée de la capitale N’Djamena ont eu droit à plusieurs dons de la part de bien des fidèles. Ces derniers ont offert tapis de prière, Livres de Coran et denrées alimentaires.
Ces dons aux mosquées à l’approche du mois du jeûne s’inscrivent dans l’esprit de partage et de générosité prôné par la religion musulmane, de l’avis de Tchadiens rencontrés par le correspondant d’Anadolu.
« Les dons que nous faisons aux mosquées ne visent pas seulement à embellir les mosquées pour en faire un cadre agréable accueillant nos activités spirituelles pendant le mois béni de ramadan, mais aussi, à aider les pauvres parmi nos frères à s’acquitter comme il se doit de leur devoir religieux », témoigne Ibrahim Konaté, la soixantaine.
N’y allant pas par quatre chemins, le président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad, Hassan Hissein, fait, quant à lui, remarquer que le partage des biens matériels avant le mois de ramadan est une tradition tchadienne. « Un rite social synonyme, dit-il, d’entraide et de philanthropie, dès lors que des Tchadiens aisés ont pris l’habitude de secourir leurs frères nécessiteux pendant le mois béni ».
L’Islam est la première religion du Tchad. Les Musulmans représentent 53,1 % de la population.
* Un Congolais d’exception en RDC
En République démocratique du Congo (RDC) où les Musulmans accueillent le mois de ramadan samedi, c’est le petit village du Nod-Kivu, Kindonye, qui puisse faire parler de lui. Là-bas, les bonnes habitudes ne sont jamais délaissées. Le fidèle Rachid Hajji, un homme hors du commun, fait montre de grande philanthropie à l’égard de ses "frères du village".
« Pour moi, Ramadan rime avec spiritualité, convivialité, amour et solidarité. J’invite souvent Musulmans et Chrétiens à partager avec moi et ma famille la rupture du jeûne, dans une ambiance paisible et fraternelle », assure-t-il en s’exprimant au correspondant d’Anadolu.
Les actes de bienfaisance de Rachid Hajji ne se limitent toutefois pas à ses frères congolais, mais ils profitent aussi à bon nombre de déplacés venus d’autres contrées africaines.
En RDC, les Musulmans sont une minorité représentant la deuxième communauté religieuse, soit entre 10 et 12 % de la population totale du pays, selon la communauté musulmane et l’Agence centrale du renseignement des USA (CIA).
* Vœux de paix au Burundi
Au Burundi où la communauté musulmane entame le jeûne, samedi, le mois saint est placé sous le signe « prière pour la paix», selon le porte-parole de la Communauté musulmane du Burundi (Comibu), Kassim Jafar. « Ce sera pour nous l’occasion de prier d’une manière intense pour que la paix redevienne une réalité dans notre pays », déclare-t-il à Anadolu.
« L’Islam est une religion qui prône la paix et l’amour du prochain, les Musulmans du Burundi doivent prêcher par l’exemple, surtout dans ces moments de crise », ajoute le porte-parole de la Comibu.
Abondant dans ce sens, Cheikh Aluna Nkunduwiga, également représentant de la Comibu, exprime le même vœu de paix. « La paix et la tolérance doivent être les valeurs privilégiées de tout bon musulman, c’est à cela que nous appelons les fidèles et les Burundais en général », dit-il.
Avec près de 10% de la population, l’Islam est la troisième religion du pays, selon des estimations non officielles.
Le Burundi vit une grave crise politique et sécuritaire depuis plus de deux ans, en raison d’un blocage politique dû au troisième mandat « anticonstitutionnel » du président Pierre Nkurunziza.
Anadolu s'attardera, du reste, sur la vie et l'ambiance ramadanesques en Afrique, durant le Mois Saint.