Serap Doğansoy
10 Septembre 2026•Mise à jour: 10 Septembre 2026
Le plan REPowerEU, lancé en 2022 pour affranchir l’Union européenne des combustibles fossiles russes, ne dispose pas des investissements et des outils de pilotage nécessaires pour atteindre ses objectifs, a alerté la Cour des comptes européenne dans un rapport publié mercredi.
Les États membres n’ont engagé que 54,3 milliards d’euros sur les quelque 300 milliards rendus disponibles par l’UE, soit moins d’un cinquième du montant prévu.
Cette situation signifie que les besoins ont pu être surestimés par la Commission européenne ou que les États rencontrent des difficultés à mettre le plan en œuvre, estiment les auditeurs.
Une baisse qui ne découle pas uniquement du plan
La part du gaz russe dans les importations européennes est passée de 45 % avant l’invasion de l’Ukraine à 12 %. Les importations de gaz russe ont ainsi reculé de 152 milliards de mètres cubes en 2021 à 36 milliards en 2025.
La Cour souligne toutefois que cette diminution ne peut pas être attribuée au seul plan REPowerEU. Les hivers doux et la baisse de la consommation des ménages et des entreprises, provoquée par les prix élevés de l’énergie, y ont également contribué.
La production renouvelable directement issue des mesures du plan demeure par ailleurs « négligeable » au regard de l’objectif de 103 gigawatts supplémentaires. Les infrastructures électriques et les interconnexions entre États restent également insuffisantes.
Un risque de nouvelle dépendance
« Quatre ans après son lancement, REPowerEU s’est enlisé, alors même que plusieurs centaines de milliards d’euros ont été mis à disposition », a déclaré Mihails Kozlovs, membre de la Cour chargé du rapport.
Les auteurs appellent la Commission et les États membres à renforcer leur coordination, leurs investissements dans les énergies renouvelables et leurs réseaux afin d’éviter de remplacer la dépendance russe par une dépendance envers un autre fournisseur.
La Commission européenne a défendu le rôle « déterminant » des financements européens dans la réduction des importations russes et indiqué qu’elle donnerait suite aux recommandations de la Cour.
L’interdiction complète des importations européennes de gaz naturel liquéfié russe doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027, avant celle du gaz acheminé par gazoduc, prévue en septembre de la même année.