AA - New York - Nur Gülsoy
Même si Daesh vaincu, la crise syrienne ne se terminera pas, selon le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement s'exprimait sur les politiques de la Turquie vis-à-vis du terrorisme et de Daesh, lors d'une conférence annuelle du Conseil des Affaires extérieures, jeudi à New York.
"Nous faisons face à une très grande menace, que faire?, a-t-il interrogé. Nous ferons tout le nécessaire. Daesh risque de menacer la Turquie le plus. Car nous avons une très longue frontière avec la Syrie, Daesh contrôle 60% de cette ligne."
Davutoglu a rappelé que Daesh est né deux ans après l'éclatement du conflit en Syrie, soit en mars 2013. Selon le Premier ministre, même si cette organisation terroriste est éradiquée, la crise en Syrie ne se terminera pas et une autre organisation terroriste émergera, "étant donné que Daesh s'est emparé de vastes territoires à cause des erreurs tactiques."
Notant que le problème en Irak est relativement facile à résoudre, Davutoglu a poursuivi: "notre problème avec la Syrie est plus grand, car nous n'avons pas d'homologue. En Irak, nous en avons, au moins. Nos responsables étaient à Bagdad hier, et sont passés à Erbil maintenant. Les forces turques entraînent les Peshmergas, et en même temps, Mossoul. Mais avec qui coopérer en Syrie? C'est la question à laquelle nous nous confrontons depuis quatre ans. Il faut soutenir les forces modérées. Daesh a acquis du pouvoir en abusant du vide d'autorité. On traite Daesh désormais comme une armée. Daesh s'est emparé des armes américaines abandonnées par l'armée irakienne, également des armes lourdes et des tanks."
"Où se positionne la Turquie?, a questionné Davutoglu. Nous soulevons cette charge. Nous avons accueilli deux millions de réfugiés chez nous. (...) Il y a une idée dans le public international, que 'Daesh poursuit ses activités parceque la Turquie n'a pas déployé ses troupes'. Pourquoi la Turquie fera-t-elle cela? Pourquoi les pays alliés n'interviennent pas? Pourquoi la Turquie devrait assumer cette responsabilité à elle seule?"
Selon Davutoglu, les actes barbares du régime et le radicalisme se renforceront si les forces modérées ne sont pas entraînées. Le Premier ministre a précisé que ces territoires comptent 60-70 000 membres de forces modérées qui pourraient changer les équilibres dans la région.
- Les combattants étrangers
"Un de mes confrères européens m'avait demandé il y a un an et demi, si on peut empêcher le passage des combattants étrangers, a abordé Davutoglu. J'ai déclaré prendre toutes les précautions mais 'la Turquie accueille beaucoup de touristes et on ne peut pas dire si personne est terroriste ou pas, juste en regardant à son visage. Donc donnez nous les noms des suspects.' Mais il m'a répondu être un pays démocratique, donc comment fournir les noms des personnes qui n'ont pas commis de crime. Alors je lui ai demandé comment empêcher la circulation de ces personnes sans posséder aucun renseignement sur les suspects. C'est ainsi que nous avons commencé à recevoir des renseignements et empêché l'entrée de 10 000 personnes, dont 2 000 ont été expulsées. Il est question d'une frontière de 911 km. Empêcher le passage n'est pas facile. Si nous fermons la frontière, nous ne pourrons pas accueillir les réfugiés non plus."